DIX-SEPT ANS

réalisation, scénario: Didier Nion image: Didier Nion montage: Catherine Zins son: Pascale Mons production, droits mondiaux: Gilles Padovani Mille et Une Films 11, rue Denis Papin 35000 Rennes (France) tél. +33 2 23 44 03 59 fax +33 2 23 44 03 63 milfilm@club-internet.fr France 2003, 35 mm, couleurs, 83' v.o. française, st. anglais première internationale



Didier Nion est né en Normandie, mais vit à Paris. A plusieurs reprises, il a traversé l'Atlantique en voilier. En plus de la réalisation de ses films, il travaille comme chef opérateur sur des longs-métrages de fiction ainsi que pour des émissions télévisées. Il a tourné en super 8 les documentaires «Le Mariage ou le baiser caméra» (1985), «Ray Diaz» (1994), «Clean Time (le soleil en plein hiver)» (1996) et le court-métrage de fiction «Les plans de la comète» (1990). En 1998, il tourne, en Normandie, son premier long-métrage «Juillet» dans un camping au bord de la mer. En 2000, il réalise la vidéo «Voyages, voyages. Vientiane» (45'). «Dix-sept ans» a été présenté la première fois, à Paris, au Festival «Cinéma du Réel» en mars dernier.

«Si j'arrive à avoir le diplôme après ces deux années, je me sentirai fier de moi mais aussi pour mon père. Ma mère n'a jamais su me dire qu'elle m'aimait. Elle travaille de nuit depuis trente ans à Rouen, comme aide infirmière et depuis trente ans, elle est absente… Mon père m'a donné l'amour, mais aussi la violence qu'il avait en lui. Personne ne l'a jamais aidé, ni même écouté. C'était quelqu'un de fragile, de faible, comme moi…Tu vis avec tes problèmes, tu essaies de les comprendre, mais en même temps, tu t'en crées de nouveaux. C'est un cercle vicieux… Sans Hélène, je ne réussis à rien faire. C'est aussi une mère pour moi, la mère que je n'ai jamais eue et de laquelle j'ai besoin, qui sait me dire ce que je dois faire ». Ce sont quelques bribes du discours que Jean-Benoît, adolescent ombrageux de la région de Rouen, apprenti mécanicien dans un garage en plein «âge difficile», tient devant la caméra de Didier Nion. Il ne faut pas croire qu'il soit toujours facile pour le réalisateur-caméraman de fixer la trajectoire de ce fils du désordre et de la violence familiale qui a vécu pendant plusieurs années dans un foyer. Ni le fait que les deux se connaissent depuis longtemps (Jean-Benoît a été le protagoniste du précédent long-métrage de Didier) rend les choses plus simples. «Pourquoi ne veux-tu plus collaborer? Ce film est une aventure que nous devons vivre ensemble » lui reprochera-t-il suscitant ainsi la colère du jeune. «Nous sommes restés tous les deux encore un peu des enfants» dira Helena, la fiancée, en cherchant à l'excuser. «Il sait être gentil, mais il faut le supporter. Ce n'est pas facile de l'aider, mais j'essaie quand même». Dans son malheur, Jean-Benoît a eu la chance de trouver un nouveau père (Didier) pour remplacer celui qui s'est suicidé quand il avait 12 ans, et une nouvelle mère (Helena) à la place de la sienne, totalement absente du film, à part quelques gros mots et injures vulgaires adressés hors champ à son fils. Sans eux, il n'aurait certainement ni la force ni la persévérance nécessaire pour faire valoir ses qualités dans le monde des adultes. Sans eux, il aurait continué à fuir, à cacher son regard sous la visière de sa casquette, à vouloir quelque chose, mais à en faire irrémédiablement une autre, à tourner à vide comme un moteur mal réglé. «Dix-sept ans» fait donc partie de ces films rares qui sont capables de changer (en bien) la vie de leurs protagonistes. Le seul fait que quelqu'un ait regardé Jean-Benoît l'a transformé, dans une certaine mesure, en personnage de fiction. Le film devient alors un instrument qui peut servir à sa transformation, voire même à sa rédemption. Un miroir magique qui lui renvoie son image en constante évolution. Si Jean-Benoît touche par sa désobéissance naturelle, Didier Nion persuade par sa ténacité. La ténacité qui l'empêche de lâcher sa proie, qui le pousse à "asticoter" sans arrêt son interlocuteur parce que - comme l'exige son éthique professionnelle - un film ne peut se faire qu'à deux. Am


Didier Nion ist in der Normandie geboren, lebt heute jedoch in Paris. Er hat mehrmals den Atlantik im Segelschiff durchquert. Neben der Arbeit an seinen Filmen ist er als Direktor für Fotografie bei der Produktion von Spielfilmen und Fernsehsendungen tätig. Mit der Super-8-Kamera hat er die Dokumentarfilme «Le Mariage ou le baiser caméra» (1985), «Ray Diaz» (1994), «Clean Time (le soleil en plein hiver)» (1996) sowie den Kurzfilm «Les plans de la comète» (1990) gedreht. 1998 hat er seinen ersten Spielfilm, «Juillet», in einem Campingplatz am Meer in der Normandie realisiert und 2000 den Videofilm «Voyages, voyages. Vientiane» (45'). «Dix-sept ans» ist im März als Vorpremiere am Festival «Cinéma du Réel» in Paris vorgestellt worden.

«Falls ich in zwei Jahren das Diplom schaffe, werde ich auf mich, aber auch auf meinen Vater stolz sein. Meine Mutter konnte mir nie sagen, dass sie mich liebt. Seit dreissig Jahren arbeitet sie nachts als Hilfskrankenschwester in Rouen, und seit dreissig Jahren ist sie einfach nicht da… Mein Vater hat mir die Liebe, aber auch die Gewalt, die er in sich trug, weitergegeben. Niemand hat ihm je geholfen oder ihm auch nur zugehört. Er war zerbrechlich, schwach, so wie ich… Du lebst mit deinen Problemen, versuchst sie zu verstehen, schaffst dir aber gleichzeitig neue. Es ist ein Teufelskreis… Ohne Helena kann ich nichts tun. Sie ist wie eine Mutter für mich, die Mutter, die ich nie gehabt habe und die ich brauche, die mir sagen kann, was ich tun soll». Dies einige der Reden, die Jean-Benoît, ein mürrischer Halbwüchsiger aus der Gegend von Rouen und Kfz-Mechanikerlehrling mitten im «Alter der Ungewissheit», vor der Kamera von Didier Nion hält. Für den Regisseur und Kameramann ist es nicht immer einfach, die Bahn dieses Kinds des Chaos und der familiären Gewalt, das mehrere Jahre in einem Heim gelebt hat, genau zu verfolgen. Auch die Tatsache, dass sich die beiden schon seit längerem kennen (Jean-Benoît spielte die Hauptrolle im letzten Spielfilm von Didier), macht die Sache nicht wirklich einfacher. «Weshalb willst du nicht mehr mit mir zusammenarbeiten? Dieser Film ist ein Abenteuer, das wir gemeinsam erleben müssen», tadelt der Regisseur den Jungen, der daraufhin wütend wird. «Wir sind beide ein wenig kindisch geblieben», versucht Helena ihren Freund zu entschuldigen. «Er kann nett sein, man muss ihn aber auch ertragen können. Es ist nicht leicht, ihm zu helfen, doch ich versuche es».
Glück im Unglück hat Jean-Benoît, indem er in Didier einen Vaterersatz findet. Sein leiblicher Vater hat sich das Leben genommen, als Jean-Benoît zwölf war. Und Helena ersetzt die Mutter, die im Film fast völlig fehlt, abgesehen von einigen Fluchwörtern und vulgären Beleidigungen, die sie aus dem Off an den Sohn richtet. Ohne Ersatzeltern hätte er bestimmt weder die Kraft noch die Ausdauer, um seine Qualitäten in der Erwachsenenwelt zur Geltung zu bringen. Ohne sie wäre er immer noch auf der Flucht, würde er immer noch seine Augen unter seiner Schirmmütze verstecken und immer noch etwas wollen, aber unweigerlich etwas anderes tun, immer noch im Kreis drehen wie ein ausser Kontrolle geratener Motor. «Dix-sept ans» gehört zu jenen seltenen Filmen, die das Schicksal ihrer Hauptfiguren zum Besseren wenden können. Allein die Tatsache, dass jemand Jean-Benoît wahrnimmt, hat ihn bis zu einem gewissen Grad in eine fiktive Figur verwandelt. Durch den Film wird Veränderung, ja vielleicht sogar Erlösung möglich. Der Film als magischer Spiegel, der ihm sein stetig wechselndes Bild zurückwirft.
Beeindruckt Jean-Benoît vor allem durch seinen natürlichen Ungehorsam, so überzeugt Didier Nion durch seine Beharrlichkeit. Eine Beharrlichkeit, die ihn dazu führt, nicht von seiner Beute abzulassen, seinen Gesprächspartner immer wieder anzuregen, zu reizen - getreu seiner Berufsethik, dass ein Film nur zu zweit realisiert werden kann. Am


«Se ce la farò ad avere il diploma dopo questi due anni mi sentirò fiero per me ma anche per mio padre. Mia madre non mi ha mai saputo dire che mi ama. Da trent'anni lavora di notte, a Rouen, come aiuto-infermiera, e da trent'anni è assente… Mio padre mi ha trasmesso l'amore ma anche la violenza che aveva dentro di sé. Nessuno lo ha mai aiutato, nemmeno ascoltato. Era qualcuno di fragile, di debole, come me… Vivi con i tuoi problemi, cerchi di capirli ma al tempo stesso te ne crei dei nuovi. È un circolo vizioso… Senza Helena non riesco a far nulla. È anche una madre per me, la madre che non ho mai avuto e della quale ho bisogno, che mi sa dire quel che devo fare». Questi alcuni scampoli dei discorsi che Jean-Benoît, scontroso adolescente della regione di Rouen, apprendista meccanico d'auto in piena «età incerta», tiene davanti alla macchina da presa di Didier Nion. Non bisogna però credere che sia sempre facile per il regista-cameraman mettere a fuoco la traiettoria di questo figlio del disordine e della violenza familiare che ha vissuto per diversi anni in un foyer. Neanche il fatto che i due si conoscano da tempo (Jean-Benoît è stato il protagonista del precedente lungometraggio di Didier) rende le cose più semplici. «Perché non vuoi più collaborare? Questo film è un'avventura che dobbiamo vivere insieme» lo rimprovera ad un certo punto, suscitando l'ira del ragazzo. «Siamo rimasti tutti e due un po' bambini» cerca di scusarlo Helena, la fidanzata. «Sa essere gentile ma bisogna sopportarlo. Non è facile aiutarlo, ma io ci provo». Nella sfortuna, Jean-Benoît ha la fortuna di trovare un nuovo padre (Didier) al posto di quello che si è suicidato quando lui aveva 12 anni, e una nuova madre (Helena) al posto di quella che è quasi totalmente assente dal film, eccettuata una serie di parolacce e di insulti volgari che rivolge al figlio da fuori campo. Senza di loro, quasi certamente non avrebbe né la forza né la perseveranza necessarie per far valere le sue qualità nel mondo degli adulti. Senza di loro, avrebbe continuato a fuggire, a nascondere lo sguardo sotto la visiera del suo berretto, a volere qualcosa ma a fare irrimediabilmente qualcos'altro, a girare a vuoto come un motore mal regolato. «Dix-sept ans» fa quindi parte di quei film rari che sono in grado di mutare (in bene) il destino dei loro protagonisti. Il solo fatto che qualcuno abbia gettato uno sguardo su Jean-Benoît lo ha trasformato, in una certa misura, in personaggio di finzione. Il film diventa allora uno strumento che può servire alla sua trasformazione, se non addirittura alla sua redenzione. Uno specchio magico che gli rinvia la sua immagine in continua evoluzione. Se Jean-Benoît colpisce per la sua naturale disobbedienza, Didier Nion convince per la sua tenacia. La tenacia che non gli fa mollare la presa, che lo spinge a stuzzicare di continuo il suo interlocutore perché - come recita la sua etica professionale - un film lo si può fare solo in due. (am)

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