BETWEEN THE LINES - India's Third Gender

réalisation, scénario: Thomas Wartmann
images, montage: Thomas Riedelsheimer
co-auteur: Dorothea Rieker
musique: Nils Kacirek
son: Narayanan A. Thevar
photographies: Anita Khemka
producteur exécutif: Thomas Wartmann

production: Filmquadrat
Markus Breimaier
Viktoriastrasse 34, D - 80803 Münich
tél. +49 89 38329820/fax + 49 89 38329821
info@filmquadrat.de
co-production: SWR, Allemagne / ARTE
droits mondiaux:
Telepool GmbH
Sonnenstrasse 21, D - 80331 Münich
tél. +49 89 558760/fax +49 89 55876188
telepool@telepool.de
Allemagne 2005, 35 mm, couleurs, 98'
v.o. hindi et anglais; st. Anglais



deutsch italiano

Thomas Wartmann est né en 1953. Après des études de journalisme à Munich et de mise en scène à l'American Film Institute de Los Angeles, il a effectué des reportages à travers le monde pour le compte d'importantes revues comme GEO, Stern et Merian. Dès 1993, il a conçu et réalisé plus d'une vingtaine de reportages, documentaires et films de fiction en collaboration avec diverses chaînes de télévision allemandes. Between the Lines est son premier long-métrage.

Un réalisateur désirant entrer, efficacement et sans trop de préjudice, dans un univers secret, complexe et riche en ambiguïtés, doit pouvoir compter sur un guide fiable et discret. Bien qu'ayant parcouru la moitié du monde pour son travail, Thomas Wartmann reste un étranger aux Indes et - cela doit être souligné dans ce cas - un homme. Pour accéder au monde des hijras, les eunuques vivant depuis des siècles en marge de la société indienne, il a donc choisi une femme qui connaissait déjà ce "troisième sexe" dont personne ne parle, si ce n'est entre les lignes de propos tenus sur les deux autres. La jeune photographe, Anita Khemka, se révèle être une guide efficace et déterminée, témoin attentif, mais toujours plus étonnée, à mesure qu'elle apprend à connaître comme des sœurs, les trois protagonistes du film.

Asha, Rambha et Laxmi sont très différentes l'une de l'autre, au-delà du maquillage sophistiqué, du rythme scandé par les mains et des vêtements voyants. Anita semble plus intéressée à les écouter qu'à les photographier. "Parler avec des personnes en entrant dans leurs maisons et dans leurs vies, leur parler de moi sans me préoccuper des limites à ne pas franchir, les provoquer, souvent intentionnellement, c'est comme flirter avec quelqu'un, attendre ses réponses, toujours avec une totale sincérité". Anita fait exactement ce qu'elle dit : elle est omniprésente et transparente. Grâce à elle et à la photographie intense de Thomas Riedelsheimer, le film se transforme ainsi en chronique d'une rencontre inattendue, celle d'une femme indienne née dans une société traditionnelle, vivant dans un monde moderne et en pleine mutation, et de trois hijras ancrées dans un passé toujours plus éloigné. Leur rôle de "prêtresses" de la déesse Bahuchara Mata, dont la bénédiction, bienvenue à l'occasion de la naissance d'un fils, peut chasser le mauvais œil, est toujours plus marginal par rapport à la nécessité de mendier et de se prostituer. Leurs danses sensuelles sont toujours plus folkloriques. Ce n'est que dans les communautés closes où la cellule familiale est reconstituée, formée de la mère-guru et des filles-chela, que, durant la grande fête annuelle, on peut retrouver les reflets d'une splendeur semblant aujourd'hui disparue. En cela aussi, Asha, Rambha et Laxmi sont des êtres humains exceptionnels. Dans les corps modelés pour le pur plaisir de la beauté ("je voudrais être Cléopâtre" confesse Laxmi à Anita) se cachent des âmes d'une pureté cristalline, capables de l'amour le plus tragique et inconditionnel pour un homme, mais jalouses de leur liberté de "non-être" malgré les souffrances et les humiliations.

Maintenant, Brian a 27 ans, il se retrouve à nouveau au chômage après de nombreux postes d'assistant dans le cinéma à Los Angeles et deux courts-métrages. Il décide alors avec de nombreuses amies dévouées, d'aventureux compagnons de voyage et une caméra "achetée provisoirement", de se mettre en marche à travers le maquis de la jungle relationnelle hollywoodienne pour se frayer, avec imagination et persévérance, un chemin vers son idole. Il a trente jours pour atteindre son objectif - car après, le droit de reporter la caméra achetée sera échu - et il faut absolument qu'il la rende sinon le maigre budget ne pourra pas être tenu: Herzlinger se rapproche toujours plus de l'objectif de ses rêves. Il gravite dans l'entourage de la beauté adulée, aidé par des secrétaires, des agents et - bien qu'il ne soit pas encore assailli par le doute - même par une diseuse de bonne aventure. Il a fixé sur la pellicule, de manière captivante et amusante, son opiniâtreté à vouloir rendre réelle l'utopie en suivant la devise provenant, semble-t-il, de Drew Barrymore, "If you don't take risks, you'll have a wasted soul".

"J'espère renaître hijra, et non homme ou femme" affirme Rambha. Après avoir vu Between the Lines, on peut la comprendre. (am)


Thomas Wartmann, geboren 1953, studierte Journalismus in München und Filmregie am American Film Institute von Los Angeles. Reportagen aus verschiedenen Gegenden der Welt für GEO, Stern und Merian. Seit 1993 Autor und Regisseur von verschiedenen Fernsehproduktionen für mehrere deutsche Stationen. "Between the Lines" ist sein erster langer Film.

Um in ein verstecktes Universum vorzudringen, braucht es in der Regel Führer, die das Terrain kennen. Speziell dann, wenn man als Regisseur ein komplexes und mehrdeutiges Gebiet ohne Vorurteile erkunden möchte, ist man auf zuverlässige, diskrete Hilfe angewiesen. Thomas Wartmann hat zwar die halbe Welt bereist - doch in Indien ist er ein Fremder, und, in diesem Zusammenhang nicht unwichtig: ein Mann. Um zur Welt der Hijras Zugang zu erhalten, vertraute er sich einer Frau an, die jenes "dritte Geschlecht" bereits kannte, das Geschlecht der Eunuchen, das seit Jahrhunderten an den Rändern der indischen Gesellschaft lebt und von dem man zwar nicht spricht, das aber doch seltsam präsent zu sein scheint. Die junge Fotografin Anita Khemka ist mehr Komplizin als Führerin, aufmerksam und selbst manchmal erstaunt, wenn es darum geht, die drei Protagonistinnen jenseits der dick aufgetragenen Schminke, der auffallenden Kleider und des aufdringlichen Händeklatschens näher kennen zu lernen. Asha, Rambha und Laxmi sind sehr verschieden und Anita scheint interessierter daran zu sein, ihnen zuzuhören, als sie zu fotografieren. "Mit den Menschen zu sprechen, in ihre Geschichte und ihr Leben einzutauchen, ihnen von mir zu erzählen, ohne mich um Grenzen zu kümmern, die man nicht überschreiten sollte, sie zu provozieren - oft absichtlich - ist wie mit jemandem zu flirten, seine Antworten abzuwarten - aber immer mit der totalen Aufrichtigkeit." Genau so arbeitet Anita: Sie ist omnipräsent und gleichzeitig transparent. Dank ihr und der intensiven Bilder Thomas Riedelsheimers verwandelt sich der Film in eine Chronik unvermuteter Begegnungen: Jener zwischen einer indischen Frau, lebend in einer modernen Welt, die sich dauernd verändert, und drei Hijras, die einer vergangenen Zeit anzugehören scheinen. Sie sind Dienerinnen der Göttin Bahuchara Mata; wer von ihr gesegnet ist, hat die Macht des bösen Blicks - aber auch die Kraft, männliche Kinder nach der Geburt zu segnen. Sie leben im Halbschatten der Gesellschaft, zum Betteln und zur Prostitution gezwungen. Nur in ihren Gemeinschaften, in denen die Familienzelle durch die Mutter-Guru und die Tochter- Chela nachgebildet wird, oder während ihres grossen jährlichen Festes, ist ein kleiner Abglanz von jener Geborgenheit zu spüren, die sie für immer verloren haben. Asha, Rambha und Laxmi sind aussergewöhnliche Menschen. In modellierten Körpern ( "Ich möchte Kleopatra sein" vertraut Laxmi Anita an) verstecken sich reine Seelen, fähig zur grossen, unbedingten und tragischen Liebe zu einem Mann - aber trotz aller Demütigungen und allen Leidens sind sie stolz auf ihre Freiheit des "Nichtseins". "Ich hoffe, als Hijra wiedergeboren zu werden, nicht als Mann, und nicht als Frau" bestätigt Rambha. Nachdem man "Between the Lines" gesehen hat, kann man das verstehen. (am)


Per penetrare efficacemente e senza troppi pregiudizi in un universo nascosto, complesso e ricco d'ambiguità, un regista deve spesso poter contare su una guida affidabile e discreta. Anche se ha girato mezzo mondo per lavoro, Thomas Wartmann in India è uno straniero e - in questo caso va sottolineato - un uomo. Per aver accesso al mondo delle hijras, gli eunuchi che vivono da secoli ai margini della società indiana, ha quindi scelto di affidarsi a una donna che conosceva già questo "terzo sesso" di cui nessuno mai parla, se non tra le righe dei discorsi riguardanti gli altri due. La giovane fotografa Anita Khemka si rivela una guida efficace e determinata, una testimone attenta ma anche sempre più sorpresa, man mano che impara a conoscere, come sorelle, le tre protagoniste del film.
Asha, Rambha e Laxmi sono molto diverse tra loro, al di là del trucco pesante, del ritmico battere delle mani e dei vestiti vistosi. Anita pare essere molto più interessata ad ascoltarle che a fotografarle. "Parlare con le persone, entrare nelle loro case e nelle loro vite, raccontare loro di me senza preoccuparmi dei limiti che non dovrei superare, provocarle, spesso intenzionalmente, è come flirtare con qualcuno, attendere le sue risposte ma sempre con totale sincerità". Anita fa esattamente quel che dice: è onnipresente e trasparente. Grazie a lei e alle intense immagini di Thomas Riedelsheimer, il film si trasforma così nella cronaca di un incontro inaspettato: quello tra una donna indiana nata in una società tradizionale ma che vive in un mondo moderno e in piena mutazione, e tre hijras ancorate a un passato sempre più remoto. Il loro ruolo di "sacerdotesse" della dea Bahuchara Mata, la cui benedizione può scacciare il malocchio ed è benvenuta in occasione della nascita di figli maschi, è sempre più messo in ombra rispetto alla necessità di mendicare e di prostituirsi. Le loro danze sensuali sono sempre più folclore. Soltanto nelle comunità chiuse, dove viene ricostituita la cellula familiare formata dalla guru-madre e dalle chela-figlie, o durante la loro grande festa annuale, si possono ritrovare i riflessi di uno splendore che pare ormai perduto. Anche per questo Asha, Rambha e Laxmi sono esseri umani eccezionali. Dentro corpi modellati per il puro piacere della bellezza ("Vorrei essere Cleopatra" confessa Laxmi ad Anita) si nascondono anime d'una purezza cristallina, capaci dell'amore più tragico e incondizionato per un uomo ma, nonostante le sofferenze e le umiliazioni, gelose della loro libertà di "non essere". "Spero di rinascere come hijra, non come uomo né come donna" afferma Rambha. Dopo aver visto Between the Lines la si può comprendere. (am)

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