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ZEIT DES ABSCHIEDS
réalisation, scénario, image: Mehdi Sahebi
production et droits mondiaux: Cineworx Filmproduktion |
"Pour un cinéaste qui traite le sujet de la mort, rencontrer la mort d'une autre personne signifie, en même temps, la rencontre avec sa propre mort". (Mehdi Sahebi)
"Bon, je suis prêt à mourir, j'ai tout signé. Ça continue? demande Giuseppe Tommasi d'un air espiègle. "Giusi", gravement malade, irrésistiblement rongé par le cancer, sait pourtant que cela ne va plus durer trop longtemps. Quand le pronostic médical déjà ne laisse pas d'espoir, alors il faut au moins trouver un chemin pour arracher un peu de sens au temps qui reste, pour tirer un bilan, pour chercher des explications et peut-être en trouver. Et le film du cinéaste et ami, Mehdi Sahebi, doit contribuer à formuler une lettre d'adieu pleine de dignité.
La caméra de Sahebi reste proche de Giusi, de ses cheveux indisciplinés, longs et noirs, de ses yeux étincelants, de son corps qui s'épuise peu à peu et qui témoigne de la médecine contemporaine: les canules et les valves, par lesquelles les médicaments, les analgésiques, et quelques fois encore de la méthadone coulent, sont fixées à son corps et les marques de l'équipe de radiologie s'étalent sur sa peau comme des dessins, de l'art moderne. Sans avoir l'air d'y toucher, Le temps des adieux raconte aussi des apories et des anecdotes de la médecine qui prolonge la vie. Mais le chemin du superficiel vers le profond réussit toujours. Surtout par la parole: les réflexions généreuses, subtiles, souvent aussi humoristiques du mourant ouvrent en éventail une vie comme une vision du monde non conventionnelle, personnelle et pourtant universelle. Peu documenté par d'anciens documents, photos et extraits de film, presque tout le long métrage montre un présent sans avenir qui, parfois, semble claustrophobe et angoissant mais qui porte en lui une sorte de catharsis grâce à sa spontanéité vécue. Comme cinéaste, Sahebi est obstiné, sa présence est toujours perceptible, mais c'est celle d'un ami - Giusi lui-même l'appelle souvent -, il fait preuve de sensibilité et d'une prévenance emphatique.
Naturellement, on peut aussi taxer le film de voyeurisme, aussi longtemps que la mort reste victime d'un refoulement collectif, le spectateur est donc voyeur comme Giusi est exhibitionniste. Naturellement, on est aussi bouleversé, proche des larmes, on sent la douleur sur son propre corps et l'on espère la mort libératrice.
Il ne voulait pas mourir comme junkie, plutôt comme un père, en tout cas comme un citoyen, a dit un jour Giusi. Et à la fin, il est mort, devant la caméra: comme un être humain. (Till Brockmann)
"Für einen Filmemacher, der sich mit dem Thema Sterben auseinandersetzt, bedeutet die Begegnung mit dem Tod eines anderen Menschen zugleich auch die Begegnung mit dem eigenen Tod". (Mehdi Sahebi)
"So, ich bin bereit zu sterben, ich habe alles unterschrieben. Geht's weiter?" fragt Giuseppe Tommasi etwas schelmisch. Der schwerkranke "Giusi", der unaufhaltsam vom Krebs zerfressen wird, weiss aber, dass es nicht allzu lange weiter gehen wird. Wenn die medizinische Prognose schon keine Hoffnung lässt, dann soll zumindest ein Weg gefunden werden, der restlichen Zeit einen Sinn abzutrotzen, Bilanz zu ziehen, Erklärungen zu suchen und vielleicht zu finden. Und der Film des befreundeten Regisseur Mehdi Sahebi soll mit dazu beitragen, einen würdevollen Abschiedsbrief zu formulieren.
Sahebis Kamera, bleibt dicht an Giusi dran, an den wilden, langen, schwarzen Haaren, an den funkelnden Augen, am Körper, der zunehmend erschöpft ist und Zeugschaft heutiger Medizin ablegt: Kanülen, Ventile, durch die Medikamente, Schmerzmittel und manchmal noch Methadon fliessen, sind an ihm befestigt und die Markierungen des Bestrahlungsteams breiten sich auf der Haut aus wie Skizzen einer modernen Kunst - so ganz nebenbei legt Zeit des Abschieds auch Aporien und Groteske der lebensverlängernden Heilkunst offen. Doch stets gelingt der Weg von der Oberfläche in die Tiefe. Nicht zuletzt durch das gesprochene Wort: freigebige, scharfsinnige, oft auch humorvolle Reflexionen des Sterbenden fächern ebenso einen Lebenslauf wie ein Weltbild auf, das unkonventionell, persönlich und doch auch wieder universell ist. Nur wenig wird mit alten Dokumenten, Fotos und Filmausschnitten belegt, fast alles aus einer Gegenwart ohne Zukunft gewonnen, die manchmal klaustrophobisch und beängstigend daher kommt, dann wieder in ihrer vorgelebten Ungezwungenheit eine Art Katharsis in sich trägt. Als Filmemacher lässt Sahebi nie locker, seine Präsenz ist stets spürbar, aber sie ist die eines Freundes - er wird oft von Giusi selbst gerufen -, offenbart Sensibilität und emphatische Rücksicht. Selbstverständlich kann man den Film auch voyeuristisch nennen, denn solange das Sterben Opfer kollektiver Verdrängung bleibt, ist der Zuschauer ebenso Voyeur wie Giusi Exhibitionist. Genauso selbstverständlich ist man aufgewühlt, bald den Tränen nahe, spürt man Schmerzen am eigenen Leib und hofft auf den erlösenden Tod.
Er wolle nicht als Junkie sterben, lieber als Vater, allenfalls als Bürger, sagt Giusi einmal. Und am Ende stirbt er, vor der Kamera: als Mensch. (Till Brockmann)
"Per un regista che affronta il tema della morte, l'incontro con la morte di un altro individuo significa allo stesso tempo anche l'incontro con la propria morte". (Mehdi Sahebi)
"Allora, io sono pronto a morire, ho firmato tutto. Si va avanti?" chiede Giuseppe Tommasi con un po' di malizia. Il malato terminale "Giusi", che viene divorato inesorabilmente dal cancro, sa però che non andrà ancora avanti per molto