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Irene Genhart, Co-Delegierte der Kritikerwoche seit 2000.
Irene Genhart

Je mentirais si j’affirmais que la Semaine de la Critique m’est miraculeusement tombée du ciel.
J’ai suivi cette section depuis sa naissance et, lorsque j’en suis devenue la déléguée, après dix ans, cela a été presque une adoption. Pendant la direction de Perret, j’intégrais mes articles avec quelques incursions dans la Semaine de la Critique: l’inquiétant documentaire “policier“ The Thin Blue Line (1990) de Errol Morris, le silencieux Requiem (1992) de Marti/Martens, et le fantastique Picture of Light (1994) de Peter Mertens.
Quand Perret a accepté la direction de Nyon, j’ai rejoint la commission de sélection. Sous la houlette de Mariano Morace et Alberto Chollet j’ai appris le métier; les discussions enflammées sur les films et les débats sans fin pour décider quelle serait l’empreinte de la Semaine de la Critique sont encore présents dans la mémoire. De ces années, il reste le slogan “cinéma sans frontières“: en prenant comme point de départ le documentaire, la Semaine devait présenter des films qui, au niveau des contenus et de la forme, dépassassent les frontières. En l’an 2000 je suis devenue déléguée avec Thomas Schärer. Pendant la première année, mon angoisse, au début des projections, dépassait celle des réalisateurs, et le moindre contretemps devenait une souffrance. Dix années se sont écoulées depuis et mon angoisse a laissé la place au plaisir de proposer des films importants à un public toujours attentif. L’assurance de la routine m’aide à garder mon calme. À mes côtés, les hommes se sont succédés, après Thomas Schärer il y a eu Michael Sennhauser et, actuellement, Simon Spiegel. Les assistantes Anna Ganzinelli Neuenschwander et Giorgina Gaffurini, ainsi que Till Brockmann, le modérateur des débats en salle, sont depuis des années, de fidèles collaborateurs de la Semaine. À eux vont mes remerciements les plus chaleureux. Depuis quelques années le monde du cinéma a radicalement changé – voir cinéma numérique; comme a changé le monde des critiques cinématographiques – voir journaux en ligne/journaux gratuits. Néanmoins la Semaine de la Critique de Locarno reste la Semaine de la Critique: un programme sélectionné par l’Association suisse des journalistes cinématographiques. Sept films qui racontent des histoires insoupçonnées, incroyables, injustes mais également merveilleuses, miraculeuses, magiques qui, nous l’espérons, amuseront, émouvront, feront discuter. Car le cinéma est une émotion.
Irene Genhart, co-déléguée depuis 2000.
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Zu behaupten – der Vergleich sei mir als einziger Frau in dieser Herrenrunde erlaubt –, ich wäre zur Filmkritikerwoche gekommen, wie die Jungfrau zum Kind, wäre gelogen: Als ich 2000 das Delegiertenamt antrat, war das eine Adoption. Zehn Jahre hatte ich die Kritikerwoche heranwachsen sehen. In der Ära Perret würzte ich meine Locarno-Berichte mit Exkursen über Semaine-Trouvaillen wie Errol Morris’ aufregendem Doku-Krimi «The Thin Blue Line» (1990), Marti/Mertens totenstillem «Requiem» (1992) und Peter Mettlers traumhaft schönem «Picture of Light» (1994). Als Perret 1994 dem Ruf nach Nyon folgte, trat ich der Auswahlgruppe bei. Unter Mariano Morace und Alberto Chollet lernte ich das Handwerk; in lebhafter Erinnerung sind mir aus diesen Jahren nebst reizvollen Diskussionen um Filme auch endlose Erörterungen über die Ausrichtung der Semaine. Hängen geblieben ist der Slogan eines «cinéma sans frontières»: Ausgehend vom Dokumentarischen soll die Kritikerwoche von Locarno Filme zeigen, die inhaltlich und/oder formal Grenzen ausloten. 2000 habe ich zusammen mit Thomas Schärer dann das Delegiertenamt angetreten. Im ersten Jahre war meine Nervosität vor den einzelnen Filmvorführungen schlimmer als die der jeweiligen Filmemacher und die kleinste Panne wurde mir zur Pein. Inzwischen sind zehn Jahre vergangen. Meine Nervosität wird übertüncht durch die Lust, einem wachen Publikum herausfordernde Film vorzuführen, und Pannen bricht die Gelassenheit der Routine den Dorn. Der Mann an meiner Seite hat öfters gewechselt, Thomas Schärer folgten Michael Sennhauser und Simon Spiegel. Die Auswahlgruppe ist konstant am Mutieren. Die Assistentinnen Anna Ganzinelli Neuenschwander und Giorgina Gaffurini aber, sowie der Diskussionsleiter Till Brockmann sind der Kritikerwoche seit Jahren treu: Heiss ist ihnen mein Dank. Die Welt der bewegten Bilder hat sich in den letzten zwanzig Jahren – Stichwort: Digitalisierung – stark verändert; ebenso leider auch – Stichwort: Online-Medien/ Zeitungssterben – die des Filmkritikers. Die Locarnesi Kritiker-Woche ist jedoch immer noch die Kritikerwoche: Ein von Mitgliedern des SVFJ zusammengestelltes Programm von sieben Filmen, die von Unerhörtem, Ungeheurem, Ungerechtem, von Wundern, Wunderlichem und Wunderbarem berichten. Die hoffentlich zu Tränen rühren, zum Lachen bringen und Diskutieren anregen. Denn es gibt kaum etwas Schöneres, als emotions made by motion pictures.
Irene Genhart, Co-Delegierte der Kritikerwoche seit 2000.